07 février 2010
Racines et branches ...
Je me suis souvent demandée si la petite fille de cette photo, en l'occurrence moi, rêvait déjà d'histoires et de choses peu communes.
J'ai très longtemps fuit mes racines. Ou plutôt je les ai coupées très tôt. Par rejet, par méprise, par peur.
Tout un côté de mon histoire personnelle, de mes ancêtres, était occultée. Je ne voulais pas en entendre parler, je ne voulais pas les voir, je ne voulais pas parler leur langue. Pendant de longues années je leur en ai voulu de nous obliger à apprendre la leur alors qu'eux n'avaient jamais essayé d'apprendre la nôtre, à papa et moi.
Je voyais ma mère d'un œil très particulier. Je la voyais comme sorcière car je savais qu'elle savait parler aux animaux, qu'elle était très proche de la Nature. Je la voyais bourreau parce qu'elle ne permettait pas que moi j'ai les mêmes dons ...
Je la détestais mais elle m'intriguait tant à la fois. Elle venait d'un pays froid, rude, où les gens étaient brusques et forts.
Mais, pourtant, tout me rattrapait, je ne pouvais échapper à ces racines noueuses et lourdes. Malgré moi je me suis rapprochée de ce pays, je me suis rapprochée de la langue, je me suis rapprochée de moi-même.
Maintenant, je ne peux concevoir mon héritage (tout ce qui vit dans mon sang) sans inclure cette partie dont je ne voulais rien entendre.
Les racines sont devenues une partie de mes croyances absolument indispensable. J'ai eu, et j'ai toujours, un besoin vital de creuser, de sonder, de trouver le point de départ. Très souvent je me demande qui étaient mes ancêtres nordiques, j'aimerai retrouver leurs traces. J'aimerai retrouver leurs noms pour leur parler, leur murmurer mes pensées, apprendre à les aimer. Je ressens une infinie tendresse envers eux, et je ne sais même pas pourquoi, peut-être qu'il n'y a pas besoin d'explication.
Maintenant que j'habite ici, j'ai eu ce besoin impérieux de savoir qui y avait vécu. J'ai toujours été intéressée par les folklores et l'histoire culturelle d'un endroit, je crois que j'y suis encore plus sensible maintenant.
Cette région est restée encore très brute, très sauvage, cela se ressent également lorsque l'on parle avec les gens. Les nuages et la brume planent toujours sur les cimes des collines et montagnes, il y a quelque chose de profondément ancien lorsque je vais dans la forêt aux sapins aussi hauts que des géants. A leur pied, un magnifique par terre de mousse et de fleurs... j'ai grand hâte d'y retourner au printemps, pour prendre des photos et vous montrer tout ça. Je me souviendrai toujours la première fois que je les ai vu, ces sapins, je n'en avais jamais vu d'aussi hauts et grands, j'en avais presque les larmes aux yeux, c'est bête, mais j'ai eu le cœur qui a fondu littéralement et je me suis dit que s'il y avait eu une forêt qui avait inspiré Grimm s'était forcément celle-ci.
Je suis intimement persuadée que le lieu où l'on vit influence sur pratiquement tout en nous.
Lorsque j'habitais chez mes parents, je ne me suis jamais sentie chez moi, hormis un bout de forêt où toutes mes premières expériences sensorielles, spirituelles et ésotériques se sont faites. Arrivée ici, malgré que je ne connaissais strictement rien, ni personne, je me suis immédiatement sentie à la maison, j'avais l'impression d'être enfin retournée chez moi après un très long voyage. Ce fut comme une révélation, tout ce que je fuyais depuis si longtemps était en fait mon refuge le plus personnel et "pur" qu'il soit.
Dans ma "pratique" sorcière, il m'est maintenant impossible de dissocier mes racines de mes conceptions spirituelles. La terre est mon point de départ, mes racines mes pieds, et les branches tous mes projets, espoirs et rêves.
J'espère pouvoir entendre les murmures de mes ancêtres, discuter avec eux de visions du passé et leur montrer mon monde.
Je voudrais qu'ils soient fiers de moi...
05 février 2010
Paganisme, petites mises au point
Voici la conclusion de quelques réflexions personnelles de ces derniers temps. C'est une première ébauche, donc cet article sera complété au fil du temps.
1.Larousse :
païen, païenne
adjectif et nom
(latin paganus, paysan)
* Se dit des peuples polythéistes et de ce qui se rapporte à leurs croyances.
* Qui s'inspire des tendances et des idées de la civilisation gréco-latine.
* Qui n'a aucune croyance religieuse.
2.Wikipedia :
L'adjectif païen qualifie précisément ce qui relève du paganisme et dans un sens plus général tous les cultes non chrétiens, musulmans ou juifs ou qui ne croient pas en un dieu unique.
3.Larousse :
paganisme nom masculin (latin ecclésiastique paganismus, du latin classique paganus, païen)
* Nom donné par les chrétiens des premiers siècles au polythéisme, auquel les habitants des campagnes restèrent longtemps fidèles.
* Nom donné par les chrétiens à l'état d'une population qui n'a pas encore été évangélisée.
4.Wikipédia :
Paganisme est un terme générique qui depuis l'empereur Théodose désigne les religions dites païennes, c'est-à-dire non-monothéistes. Ce terme à connotation parfois péjorative est encore utilisé de nos jours par les monothéistes, mais les laïcs lui préfèrent « polythéisme » et/ou « animisme ».
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Sans nul doute, je suis païenne par définition. Je ne crois pas en un dieu unique.
En revanche, je ne suis pas païenne comme beaucoup définissent ce terme, à tort, un peu partout sur le net. Être païen ce n'est pas forcément adorer une déesse et un dieu, ce n'est pas forcément être wicca,et ce n'est pas forcément croire à des dieux.
Mais là est la limite de la définition : elle ne peut pas englober une notion qui est très personnelle et surtout très multiple.
Certaines personnalisations de la Nature ou d'un concept me touchent, en particulier Cernunnos, en revanche je suis peu sensible à la Déesse. Je n'aime pas les traits qu'on lui donne. Pourquoi l'humaniser ? Pour en avoir moins peur ? Nous chérissons la Nature mais nous en avons une peur viscérale, peu de personnes l'acceptent et y sont encore moins éveillés.
Pour nous aider à croire ? J'ai déjà lu pas mal de fois des gens qui disent qu'ils aimeraient croire mais n'y arrivent pas, qu'ils se représentent telle déesse ou tel dieu sous des traits humains pour y croire, ou que tout simplement ils se sentaient coupables de n'être aucunement proches des anciens dieux alors qu'ils se disent païens.
Il y a comme une sorte de complexe vis à vis de cette croyance que les païens sont censés avoir. Pourtant je suis certaine que beaucoup ressentent ces malaises et se forcent à sentir, à croire, à adhérer à quelque chose.
Il y a une notion qui est très mal mise en avant dans le paganisme, la notion de perceptions personnelles.
Avoir son petit autel bien décoré, sa petite statuette, son petit tarot ou oracle etc... savoir quelques correspondances, surtout savoir la roue de l'année, ne pas être en retard pour fêter un sabbat, etc etc la liste pourrait être très longue.
Où sont les articles sur les techniques de visualisation, sur les différentes méditations, sur l'Énergie, sur les sentiments personnels, sur des ressentis/impressions/perditions/illuminations, où sont les recherches de la terre où l'on vit (région et ou pays), des racines personnelles, de la création de ses propres concepts, de la création de ses propres correspondances et sabbats, de ses propres fêtes, de sa propre spiritualité ?
L'on oublie bien trop souvent que les livres ésotériques et spirituels que l'on nous sert sur le marché ne sont qu'une des facettes de ces domaines, que des mini-guides, que des idées. Ils ne sont pas *paroles d'évangile* et ne doivent pas dicter.
Être païenne pour rentrer dans le moule d'une communauté qui se dit libre ?
Il y a quelque chose qui cloche...
Avant de vous donner vous-même une étiquette, avant de vouloir donner un nom à vos croyances, vivez-les ! Sentez-vous en accord avec elles, sentez-vous libre de croire ce que vous voulez et sentez-vous être en harmonie. Peu importe les noms. Ce sont des concepts bien trop rigides pour des domaines qui ne le sont absolument pas.





